Les plans d’eau

Ils constituent parfois de véritables réservoirs de biodiversité, mais à contrario ils entraînent souvent la disparition de certaines espèces naturellement présentes… 

Typologie

Les plans d’eau

Un plan d’eau désigne une étendue d’eau douce continentale de surface libre, stagnante, d’origine naturelle ou humaine et de profondeur variable. Les plans d’eau peuvent être des lacs, des étangs, des mares, des retenues, des carrières ou des parties de marais en eau (Sandre, 2005). On peut distinguer plusieurs types de plans d’eau selon leur mode d’alimentation et de restitution des eaux.

Les plans d’eau possèdent un fonctionnement spécifique, différent de celui des cours d’eau, fondé sur le fait que leurs eaux sont stagnantes.

Un symbole régional

Les plans d’eau possèdent une forte dimension sociale, culturelle et patrimoniale. Ils participent à l’identité paysagère de certaines régions. C’est le cas de la Sologne, dont les étangs, aménagés dès le Xe siècle par les moines afin de drainer les terres, façonnent le paysage, les bondes caractéristiques de la région sont d’ailleurs devenues un véritable symbole.

étang Sologne

source : © Sologne nature

Impacts des plans d’eau

En plus de leur importance patrimoniale, les étangs peuvent fournir des services à ne pas négliger : irrigation agricole ou abreuvement du bétail, lutte contre les incendies ou encore parfois autoépuration (nitrates, pesticides). Sur le plan écologique, les plans d’eau peuvent former des habitats spécifiques, accueillant flore aquatique, poissons, invertébrés, amphibiens, reptiles et oiseaux. Les queues d’étangs peuvent fonctionner comme de véritables zones humides, riches en biodiversité.

Néanmoins, les plans d’eau, notamment lorsqu’ils sont présents en forte densité, ont un impact significatif sur les aspects quantitatifs et qualitatifs de la ressource en eau et sur les milieux naturels.
Ces effets dépendent des caractéristiques du bassin versant, ainsi que des caractéristiques propres de la retenue.

Les retenues sur cours d’eau sont les plus impactantes :

L’évaporation de l’eau stockée entraîne une baisse des débits des cours d’eau en aval, voire un assèchement sur certains petits cours d’eau (en été) ainsi qu’un retard des reprises d’écoulement (en automne).  Les têtes de bassin versant particulièrement vulnérables à cette baisse de débit.

L’eau stagnante exposée au rayonnement solaire subit un réchauffement qui provoque une diminution de l’oxygène présent dans l’eau, impliquant notamment une variation du pH. Ces modifications physico-chimiques impactent les espèces aquatiques les plus sensibles. Lors d’opérations de vidange, l’eau relâchée peut provoquer des pics de turbidité (matières en suspension), une augmentation d’ammoniac et une consommation importante d’oxygène, pouvant entraîner la mort de poissons.

Les plans d’eau vont sur plusieurs aspects défavoriser les espèces dépendantes au cours d’eau, comme les truites par exemple (baisse des débits, dégradation de la qualité de l’eau, suppression d’habitats disponibles, rupture de continuité amont-aval). La création d’un plan d’eau favorise l’installation de nouvelles espèces adaptées aux eaux stagnantes, parfois peu représentées naturellement, et facilite l’implantation ou l’échappement d’espèces exotiques envahissantes (écrevisses de Louisiane, jussie…).

Plans d'eau Prée

Ces impacts participent au mauvais état écologique des cours d’eau. De plus, sur des bassins à forte densité de plans d’eau, ces effets se cumulent et produisent une véritable modification des milieux. C’est le cas du bassin de la Prée, particulièrement touché par la présence de plans d’eau, et sur lequel une étude est menée sur le sujet.

Quiz

Comme dans une piscine, cela peut aller jusqu’à 5 millimètres d’eau évaporée par jour et cela peut représenter environ 50 000 litres pour un plan d’eau d’un hectare (pour une journée d’été avec des conditions maximales d’ensoleillement).

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